Blog de Karine Lebrun

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mardi 22 juillet 2008

des jardins en partage








L'édition 2008 du Festival international des jardins a pour thème cette année "des jardins en partage". Tous les ans, ce festival réunit dans le domaine de Chaumont-sur-Loire des paysagistes, architectes, jardiniers et artistes autour d'un concours qui sélectionne une trentaine de propositions paysagères. Chaque jardin est planté dans une parcelle de 30m2 environ et se visite comme si l'on entrait dans un petit monde clos.
En 1994, le festival a notamment présenté le mur végétal de Patrick Blanc que l'on peut encore voir dans la partie "jardin expérimental". Dans le parc attenant, surplombant la Loire, des flûtes et des lucioles d'Erik Samakh sont discrètement accrochées aux arbres. Le soleil et les nuages déclenchent des symphonies délicates grâce aux panneaux solaires captant les variations de luminosité.
Débordant du festival, des installations, expositions, concerts, cinéma, .etc, s'organisent dans le domaine du château de la Belle au Bois Dormant pur cru. Le lieu est idyllique. Cependant, le festival seul semble perdre chaque année un peu de son exigence du début. J'ai trouvé par exemple les jardins trop illustratifs et symboliques alors que j'ai souvenir de précédentes versions beaucoup plus complexes faisant intervenir des artistes plasticiens, des cinéastes, des stylistes. Les équipes cette année sont un peu mono-jardinières et sont moins inventives dans la conception de l'espace et les trouvailles artistiques.

Mes deux jardins préférés illustrant ce billet :

le jardin poubelle uniquement réalisé avec les rebuts des autres jardins du festival / Michel Péna, paysagiste invité. Co-fondateur avec Christine Péna de l’agence Péna et Péna à Paris, Michel Péna est un paysagiste emblématique de sa génération, qui travaille sur le territoire urbain. Parmi ses réalisations, on dénombre : le jardin Atlantique à Paris, le parc Jean Moulin à Bagnolet-Montreuil, le parc Cino del Duca à Maisons-Alfort, le quartier des Rocailles à Biarritz. L’agence Péna et Péna a développé, avec l’OPHLM de Paris, une approche végétale sensible de la restructuration urbaine. /
Soucieux des préoccupations environnementales dont chacun devrait avoir conscience, Michel Péna réalisera à Chaumont-sur-Loire un jardin à partir de la récupération de tous les déchets des autres jardins du festival 2008, qui seront broyés, concassés, compactés pour réaliser un jardin de base évoluant tout au long du festival.

le jardin bien partagé offrant des sonorités électroniques cristallines mélangées au goutte-à-goutte naturel / ATELIER KABA - TEAM ZOO : Hiroshi NARUSE, paysagiste assisté de Luc ESTIVANT, Alidad PIRNAZAR, Nathanaël RIVE, Patrick GEFRIAUD, Anne-Marie CASELLES et Olivier COUPILLE, musicien, France & Japon /
Autour de l’idée de partage des eaux, ce projet qui déborde de la parcelle, présente le cycle de l’eau, de son milieu naturel (pluie, ruissellement...) à sa domestication par l’homme pour divers usages. Capteurs solaires, sol de paille et argile, bassins et matériaux de récupération constituent les autres points forts de ce jardin, reflet de préoccupations contemporaines de traitement de l’eau et de l’énergie.

lundi 14 juillet 2008

mais qui est Señor Coconut ?



J'étais hier soir au Parc André Citroën dans le quinzième arrondissement de Paris pour assister au concert de Señor Coconut invité au festival Sous la Plage. Señor Coconut and his orchestra revisite des chansons très connues comme "Beat it" de Michael Jackson, "Smoke and the water" de Deep Purple ou encore "Kiss" de Prince à travers les rythmes et le répertoire classique de la musique latine : mambo, cha-cha-cha etc.
Uwe Schmidt, de son vrai nom, est à l'origine de ce projet et orchestre derrière son laptop une formation de huit musiciens aux commandes d'instruments tels que marimba, vibraphone, contre-basse, congas, timbales et différents cuivres. Sans oublier le chanteur, personnage agissant par contraste avec la posture figée et très étudiée du musicien électro incarné par Uwe Schmidt.
Ce dernier porte autant de pseudonymes que de projets musicaux. Pour suivre le lien de ses multiples identités, cliquez ici. Son label Rather Interesting lui a permis d'éditer tous ses projets et d'explorer avec beaucoup d'humour plusieurs genres musicaux comme le ragtime, ancêtre du jazz, avec Flanger.

Quelques extraits du concert hier soir :



Une interview :

lundi 7 juillet 2008

tchatchhh, épisode 4

J'entame ma quatrième conversation sur tchatchhh. Après une correspondance avec Jean-Jacques Birgé, j'invite Cyril Thomas. Je vais passer une grande partie de mon été avec cette personne. Certes à distance, mais la conversation reste en mémoire et accompagne de manière entêtante la journée. L'écriture, qui mêle images, sons et mots, prend du temps. Le texte se lie avec d'autres, les vidéos et les sons ouvrent d'autres modes de réflexions. Comme je prends part à la conversation, je ne suis pas dans un rapport elliptique avec les médiums. Je prends le temps de réfléchir à ma réponse. Je prends le temps de chercher sur Internet ce qui pourrait faire sens. J'ai déjà rencontré à quelques reprises Cyril Thomas mais on ne se connaît pas. tchatchhh est l'occasion de prendre ce temps.

Je-prends-tout-mon-temps.

dimanche 29 juin 2008

Bernard, A message TO you!



Cela fait quelque temps déjà que Jean-Baptiste Farkas m'a envoyé ce message pour le publier sur mon blog. Il est destiné à Bernard Brunon, le créateur de That's Painting !, une entreprise de peinture en bâtiment. Cette entreprise est identique à n'importe quelle autre entreprise de peinture en bâtiment à l'exception non négligeable de l'intention artistique revendiquée par son créateur. Cependant, Bernard Brunon ne trahit aucun signe artistique dans son entreprise : "With less to look at, there's more to think about" (Moins il y a à voir, plus il y a à penser). Pour cet artiste, ces peintures de façades font pourtant indéniablement partie de la tradition picturale. Je ne connais pas suffisamment le travail de Bernard Brunon, invité actuellement à la Biennale de Rennes, pour donner ici mon point de vue. Je ne peux cependant qu'appuyer les propos de Jean-Baptiste dans le message qui lui est adressé. "Faire du bon travail", inscrire sa pratique dans un souci utilitaire afin de satisfaire le client, ne fait pas partie de ma conception de l'art qui devrait au contraire se dérober à chaque tournant. Jean-Baptiste Farkas l'exprime très justement dans le PDF que chacun peut télécharger. En préambule, je colle ci-après le début du message. Cet extrait restitue le contexte de sa rédaction.
Quelques réflexions rédigées suite à la lecture de THAT’S PAINTING, un livre d’entretiens avec Bernard Brunon récemment paru.

That’s facts!
De passage chez Ghislain Mollet-Viéville, il y a quelques jours (nous sommes en juin 2008 au moment où j’écris ces lignes), celui-ci m’a, au détours d’une phrase, présenté un livre d’entretiens de Bernard Brunon récemment paru. Il y a de nombreuses années déjà, cet artiste vivant aujourd’hui à Los Angeles, reconnu du milieu de l’art mais peu connu du grand public (on va saisir immédiatement pourquoi), a choisi de mettre un terme définitif à sa pratique d’artiste peintre pour fonder That’s Painting, une entreprise de peinture en bâtiment « sans identité d’art » (pour reprendre l’expression efficace de Jean-Claude Moineau), c’est-à-dire agissant en tous points comme une véritable entreprise de peinture, bien qu’elle soit le fait assumé d’un artiste et aies, indubitablement, pour qui s’y intéresse dans le détail, la teneur et les ambitions d’un projet artistique de premier ordre (lors du passage de la toile au mur ou au placoplâtre, Bernard Brunon signait ses premiers chantiers ton sur ton pour manifester clairement l’intention qu’il avait alors de les faire entrer dans le catalogue raisonné de ses œuvres picturales, le détail est d’importance). Dans ce livre, Bernard Brunon cite mon travail (en réalité qu’une partie de mon travail, les modes d’emploi IKHÉA©SERVICES) sans bien le connaître, me semble-t-il. Je profite donc de l’opportunité qui m’avait été offerte par Karine Lebrun, il y a quelques mois, de m’exprimer quand je le souhaiterais sur son blog, pour essayer d’éclairer un peu ma pratique. Je tenterai notamment de faire le point sur certains aspects émanant de celle-ci : aspects qui ne me semblaient ni assez « faibles » ni assez « décisifs » pour devoir longuement m’y appesantir, mais qui, faisant régulièrement « retour » de manière problématique sous forme de commentaires, m’invitent, en quelque sorte à devoir ici prendre position afin d’éviter qu’un certain type d’interprétations expéditives devienne monnaie courante. Il en va donc uniquement de la tentative de juguler la circulation d’idées fausses : j’apprécie trop le travail de Bernard Brunon – il est pour moi un « ouvrier taoïste qualifié » élaborant le « précis physique du vide parfait » – pour tenter de me lancer ici dans d’inutiles invectives.
Téléchargez le PDF Bernard, A message TO you!.

mardi 17 juin 2008

Paris / Tokyo

Sacha m'a dit de ne pas écrire ce billet. Je l'écris. Rien d'extraordinaire. Au contraire, quelque chose de tout à fait banal. Il y a dans mon quartier, juste à la sortie du métro Laumière dans un renfoncement du gymnase qui lui fait face, une bande de clochards qui se saoulent toute la journée. Au début, ils faisaient la manche avec une certaine malice pour obtenir la bouteille du jour. Je ne sais pas comment ils se débrouillent aujourd'hui, ils ont toujours la bouteille mais ne peuvent plus aligner deux mots. Surtout, ils puent. Parfois, de ma fenêtre, je les vois déféquer dans le caniveau ou sur eux-mêmes. Ma première rencontre à Tokyo était avec un clochard du Parc Ueno. Ils sont tous là, les uns à côté des autres, contrôlés par le gouvernement. Tokyo est une ville propre où il n'y a pas de trace de crottes humaines dans les rues. L'ancien salaryman m'expliquait qu'ils étaient aidés par l'état s'ils acceptaient de se ranger dans le parc. Pas besoin de faire la manche ou très peu. Tokyo, une ville clean et rangée. Paris, on meurt vite fait bien fait devant tout le monde et personne ne regarde.

mardi 10 juin 2008

entretien de Jean-Baptiste Farkas avec Jacques Rancière



Suite à sa venue aux Beaux-Arts de Quimper où j'enseigne, j'ai invité Jean-Baptiste Farkas à publier sur ce blog ce qui permettrait de mieux saisir son travail. J'utilise cet espace comme une extension de mes cours et il me semble tout indiqué de donner la parole à un artiste avec qui je partage quelques points communs. Jean-Baptiste s'est entretenu avec Jacques Rancière en 2006 et m'a proposé de faire circuler leurs propos depuis ce blog. En prélude à l'entretien, agissant comme une introduction, je lui ai moi-même posé quatre questions :
Pourquoi s'entretenir avec Jacques Rancière ?
A-t-il accepté cet entretien sans condition ?
Qu'est-ce qu'un artiste peut faire avec la philosophie ?
Pourrais-tu faire une opération Glitch (Glitch est un projet de J-BF consistant à « faire du moins ») sur ce texte long de neuf pages… Pour en faire une version brève adaptée au web ?
L'illustration précédent ce texte est une phrase de Jacques Rancière inspirée de la philosophie de Joseph Jacotot : à l'occasion d'une conférence donnée par Jean-Baptiste dans une école d'art (il relate cet événement dans ses réponses à mes questions), cette phrase a fait naître un débat. La pensée de Rancière est complexe et ne peut se fondre dans un mot. Pourtant, et malgré mon approche bien trop elliptique des écrits du philosophe, l'émancipation, que ce soit en art ou en politique, me paraît être un projet central chez Rancière.

Texte d'introduction. Jean-Baptiste Farkas me répond : téléchargez le PDF.
Entretien de Jean-Baptiste Farkas avec Jacques Rancière : téléchargez le PDF.

dimanche 1 juin 2008

la revue comme catalogue de rencontres





Dans la série des objets hybrides non identifiables, je réactive ici un projet réalisé dans le cadre de Rencontre Service utilisant la revue Epidodic.7 comme catalogue de rencontres. A l'époque déjà, c'est à dire en 2000, nous cherchions à occuper les interstices pour échapper aux formats trop évidents sans souci de coller ou pas aux normes en vigueur. Les éditions PPT avaient fait un très bon accueil à ce projet élaboré d'ailleurs avec Denis Chevalier. Le n°7 consacrait ses pages à la thématique du personnage et du spectateur. Ce numéro était donc tout indiqué pour Rencontre Service qui avance masqué. La proposition était simple : que les lecteurs rencontrent les auteurs de la revue. Nous avions pour cela nous-même rencontré tous les auteurs pour leur poser des questions et recueillir leurs réponses transcrites en images. Anonymes, leurs portraits constitués de 4 images et marqués d'un pseudonyme occupaient un espace réservé dans la maquette de la page. Tous avaient accepté de rencontrer les lecteurs. Ce projet ressurgit aujourd'hui et raisonne avec celui que je prépare : ma rencontre avec un auteur, une rencontre entre un lecteur et un auteur. Après 8 ans, il s'impose.

Au sujet de PPT, 3 rencontres/discussions avec Denis Chevalier chez Grégory Castéra.
http://lapsnet.org/3_rue_des_haudriettes/index.htm
LUNDI 2 JUIN 19H : ELASTICITY
En présence de certains des intervenants.
LUNDI 9 JUIN 19H : LA BIENNALE DE PARIS
En présence de Alexandra Gurita, Jean-Baptiste Farkas, Jean-Claude Moineau, Ghislain Mollet-Viéville.
LUNDI 16 JUIN 19H : PROJETS
Autour de différents projets de l'intéressé.

vendredi 30 mai 2008

le catalogue comme partition musicale



Il y a 2 billets, j'évoquais la pièce from here to ear de Céleste Boursier-Mougenot. Je suis revenue rôder dans les parages pour acquérir le catalogue états seconds du même. Plus qu'un catalogue, le texte agit aussi comme une partition musicale. Les caractères et syllabes sont teintés d'un gris différent, du très clair au noir, et offrent des équivalences musicales. Tout en lisant, j'écoute une transcription sonore des textes à l'adresse http://www.analogues.fr/indexinprogress.
La composition est interprétée par le programme informatique index "[...] développé pour analyser l'activité scripturale saisie sur clavier d'ordinateur, pour en extraire les éléments d'une partition et les transmettre sous forme de "code Midi" à un piano acoustique Disklavier qui les joue en direct." La première pièce, prototype pour index, a été produite à l'occasion de l'exposition états seconds au FRAC Champagne-Ardenne en 2006. Tout en vaquant au travail administratif, les personnes du lieu pianotaient sur un ordinateur qui produisait le phrasé musical. A côté, un piano fermé jouait la musique simultanément.

samedi 24 mai 2008

histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar d'Imamura Shohei - 1970


Je n'ai pas attendu ce lundi 26 mai 19h30 pour assister à la projection du film à Pompidou. Dans ce documentaire, Imamura superpose deux récits. Celui de la grande histoire nippone immédiatement après la bombe atomique sur Hiroshima et l'histoire intime d'une femme jalonnée par les conquêtes amoureuses. Les images d'archives contrastent avec le point de vue détaché de cette femme qui ne se soucie guère des luttes que mène son pays y compris les massacres commis pendant la guerre du Vietnam. Peu importe, elle veut vivre follement malgré la boucherie. D'ailleurs, ses parents sont bouchers et le film débute avec des images d'abattoirs où l'on tue les bêtes au couteau entrecoupées par des images de cadavres humains jonchant les routes et les rivières. Insouciante et déterminée, cette hôtesse du bar Onboro (tr. fr. : déglingué) lutte et matte la grande histoire.

Illustration : http://www.cine-metro-art.com/

samedi 10 mai 2008

from here to ear de Céleste Boursier-Mougenot





Quelques notes produites par les mandarins installés dans l'espace de la galerie Xippas à Paris.

mercredi 7 mai 2008

la conversation comme parasite

Hier soir, 27ème Amicale de la Biennale de Paris. Pour rappel, les Amicales sont des rendez-vous réguliers organisés par Jean-Baptiste Farkas. Les acteurs de la biennale sont invités à débattre autour de questions qui concernent l'art. Initiée en 2006 par l'artiste Alexandre Gurita, la Biennale de Paris se démarque de toutes les autres biennales car elle défend :
"[...] un art exigeant, en phase avec notre contemporanéité, avec ses évolutions politiques, économiques et sociales. Un art qui ne se contente plus de produire des objets à l’usage d’un marché, d’une mode ou d’une élite culturelle. Un art qui se définit comme une façon de penser l’art et de l’activer plutôt qu’un ensemble de produits artistiques. Un art qui ne cherche plus le spectaculaire mais qui interroge, qui essaie et qui opère. La Biennale de Paris, pour atteindre ces objectifs, ne se limite pas à un lieu, une ville, un espace, une salle d’exposition, ni même une durée définie : pour accueillir des propositions insolites, immatérielles, invisibles, il faut adapter son dispositif aux projets des artistes. La Biennale de Paris est simultanément au centre et à la périphérie de chaque projet participant. On ne rencontrera pas uniquement des artistes. La Biennale de Paris est le dispositif où se manifeste une pensée qui ne peut trouver place dans les institutions traditionnelles, trop lourdes, trop lentes, trop timides. La Biennale de Paris n’a pas de contour. Elle est incontournable.
La Biennale de Paris a pour objet de favoriser une rupture avec les conventions de l’art aujourd’hui épuisées. Elle affirme un nouveau statut de l’art. Elle est pensée depuis des pratiques actives dans le réel à tel point qu’on ne peut pas toujours les distinguer de ce qui les entoure. La Biennale de Paris est un processus de transformation. Elle propose des pratiques qui induisent leur propre mode de présentation, leur temporalité et leur localité. Elle a lieu là où des choses se passent et quand elles se passent. C’est la raison pour laquelle elle ne se déroule pas seulement à Paris et chaque édition prend fin au commencement de la suivante. La Biennale de Paris s’envisage dans le temps, les démarches se présentant dans leur mouvement même qui évolue au cours de ses éditions successives. La Biennale recherche une réciprocité avec les projets qui la fondent, le but étant d’interroger et de modifier les contextes sociaux, économiques, politiques et idéologiques. La Biennale de Paris affirme un mode de présentation par entité ou par projet. Elle se constitue en énergie critique optimale de changement tout en préservant l’autonomie de décision de chacun. C’est une institution horizontale ayant une constitution spécifique. La Biennale est proposée sous forme de partage à ses partenaires, chaque participant étant considéré comme partenaire. Elle libère l’art d’un asservissement à des corps de pouvoirs constitués. La Biennale de Paris est un organe stratégique de liberté."
Les Amicales sont des moments où les gens se rencontrent et confrontent leurs idées. Ce partage est indispensable pour pouvoir penser l'art aujourd'hui et ne pas se contenter de répondre à l'art. Le partage des données tel qu'Internet nous le propose ne suffit pas. Internet et la panoplie des outils connectés qui offrent des possibilités de rhizome à condition de créer du sens et encore une fois de ne pas se contenter de répondre et de remplir des cases par un contenu attendu. Qu'est-ce que le rhizome ? Le rhizome surgit là où on ne l'attend pas.
Dans la même volonté, le projet "basse définition" devient une ligne de recherche retenue par le conseil scientifique de la recherche et des études de la Délégation aux arts plastiques. A l'initiative de Nicolas Thély (voir billet précédent pour la présentation de "basse définition"), ce projet réunit trois écoles d’art (Quimper, Grenoble et Valence), des laboratoires de recherches universitaires (Paris 1 et l'Enst) et un centre d’art dédié à la jeune création (Oui).
Enfin, cette année a été l'occasion d'expérimenter le système des plateformes à l'école où j'enseigne. Nous nous sommes associées avec deux autres profs pour sortir de l'organisation en disciplines, pour moi les arts numériques, et pour réunir nos préoccupations autour d'un questionnement commun. Une école d'art devrait être un lieu de débat permanent. Il faut que cela devienne une habitude.

lundi 5 mai 2008

après le séminaire

Une semaine après, la rencontre à l'école supérieure d'art de Lorient autour des écritures sur Internet se poursuit sous une autre forme suite au billet d'André Gunthert posté le 30 avril sur son blog. Ce séminaire, dont j'ai fait la présentation précédemment ici, a permis de partager nos réflexions et nos interrogations avec quatre invités qui s'intéressent et utilisent Internet de manière très différente. Cette hétérogénéité des points de vue me semble importante et riche pour appréhender l'art aujourd'hui.

André Gunthert est intervenu le premier. Après quelques exemples d'œuvres circulant sur Youtube, son exposé s'est appuyé sur le travail de rebekka accessible sur Flickr. Outre le travail photographique que je laisserai à chacun le soin d'apprécier, André Gunthert a démontré que l'œuvre de rebekka se déployait à travers une série d'images et une interface. La série se construisant en relation avec l'interface, en rapport avec les commentaires des internautes, en lien avec d'autres séries. Ce qui me paraît le plus saisissant avec cet exemple, c'est la manière dont le partage agit sur l'œuvre. Les choix esthétiques de rebekka sont influencés par les commentaires des internautes et les outils de Flickr. André Gunthert a notamment mis en avant l'Interestingness, une fonctionnalité à disposition des internautes qui propulse les images les plus intéressantes à la une de Flickr. Elles sont intéressantes pour Flickr car elles reposent sur le nombre de commentaires et de favoris qui leur sont attachées. Je suis frappée la plupart du temps par l'extrême pauvreté des commentaires que l'on pourrait plutôt renommer "signalements". Les internautes marquent leurs préférences mais ne commentent pas ou peu les images. Or, cette manière de faire est à mon sens problématique car elle nous prive justement de commentaires et d'échanges de points de vue, d'un espace où s'exprimeraient les goûts esthétiques de pratiques hétéroclites, amateures ou professionnelles, artistiques ou pas. Or, l'Interestingness ne regarde que le nombre de commentaires. Cette valeur quantifiable est ici perverse car elle entretient un système qui valorise le signalement au détriment du sens. Le signalement ne peut être que positif car un avis négatif exclurait d'emblée celui ou celle qui s'y risquerait. Du coup, presque tous les commentaires sont "beautiful" et nécessaires pour être visible. Plus on commente, plus on se signale à la communauté, plus on a de chance d'être élu.

Nicolas Thély a ensuite pris la parole en parcourant plusieurs travaux disséminés sur Internet. Cette promenade retraçait son propre parcours et le cheminement effectué depuis sa découverte des webcams personnelles jusqu'à la formulation de la notion de "basse définition". Camathome est aujourd'hui un blog écrit en hollandais et n'existe plus sous la forme d'une webcam personnelle. Depuis cette rencontre qui a fait l'objet d'une publication en 2002, Vu à la webcam (essai sur la web-intimité), les presses du réel, Nicolas Thély s'intéresse à la volatilité et au nomadisme des données comme régime de perception. Deux livres développent sa pensée : basse def, partage de données, les presses du réel, 2007 et Mes favoris, éditions MIX, 2008. La "basse def" questionne ainsi des productions aux formes faibles et diffuses qui circulent sur le réseau et qui fixent les conditions de leur visibilité sans s'en remettre au circuit traditionnel de diffusion. Internet est en partie responsable mais selon Nicolas Thély ce changement de régime a commencé dans les années 70 avec la télévision. Serge Daney a saisi ce basculement "des films à la télévision" et pensait alors le cinéma avec sa perte. Ce mouvement s'amplifie aujourd'hui avec Internet et caractérise une époque. Des jeunes artistes comme Fanette Muxart ou Clôde Coulpier pratiquent sur et hors Internet, avec et sans : http://dhmr.spaces.live.com/

Alain Giffard est intervenu le lendemain matin pour nous parler de la lecture numérique comme lecture en acte. Pour Alain Giffard, le lecteur numérique se distingue du lecteur classique car il est lui-même en quelque sorte l'auteur de ce qu'il lit. Petit raccourci que j'emploie sciemment mais qui ne caractérise qu'un aspect du riche exposé d'Alain Giffard sur ce sujet. Il en va de même pour les autres intervenants mais davantage encore pour Alain Giffard qui a abordé beaucoup de notions et concepts. Sur Internet, le lecteur fabrique le propre contenu de sa lecture, il engage sa responsabilité. Il ne se contente plus d'une simple pratique hypertextuelle, je pense aux notions de lecture augmentée et de web implicite dont une approche est consultable ici, mais il est lui-même acteur, engagé dans la réalisation des conditions de sa lecture en suivant une technologie toujours incomplète. De nombreux widgets par exemple sont sans cesse développés pour accompagner la lecture. Ces outils mettent en défaut le lecteur qui ne posséderait pas le dernier développement. Ainsi, Alain Giffard pointe le formatage de la lecture numérique qui s'inscrit dans un espace scindé en domaines privés tels que Flickr ou Youtube qu'il nomme les industries de la lecture.

Enfin, Emmanuel Adely, écrivain, est venu présenter son travail d'auteur. Les écrits d'Emmanuel Adely s'ancrent dans le réel. Première mise au point de l'auteur, première alerte aussi tant il semble préoccupé par le manque d'intérêt que manifestent les étudiants pour la lecture de presse. No more reality est une rubrique qu'il tient chaque mois sur Inventaire / Invention, trouvable en se rendant depuis la page d'accueil sur l'index des auteurs. Cette revue de presse enlève des mots et des noms à l'actualité, actualité au scalpel. Emmanuel Adely a fait une lecture de 25 mn. Je me souviens d'un mot, celui qui remplace un nom, le chef, aujourd'hui c'est son désaveu.

vendredi 25 avril 2008

Delphine Kreuter

Delphine Kreuter expose en ce moment à la galerie Frédéric Giroux à Paris. Cette artiste a rencontré des gens qui s'exhibent sur Internet. Il s'agit en fait d'hommes qui exercent leurs fantasmes sexuels derrière l'écran. Transgenres, sado-masos, ils avancent masqués et protégés. Selon Delphine Kreuter,
"[...] Le but était de faire apparaître. Une identité, des gestes, une forme, de la liberté, entre autres. Ouvrir des portes dissimulées. Ces messieurs fantasmés, donnés, transformés ; qui se retrouvent, hors norme et hors genre. Protégés, dans un espace-temps posé comme doublure du réel. Avec cette image, comme prison et comme solution de liberté, l’image preuve de l’ampleur de l’être. Révélatrice des identités multiples, transgressées, agrandies. Une image active, sourde, qui ne veut plus rien entendre de l’extérieur, qui en joue et qui s’en moque, toute bruyante. Encore humaine."
Extraire ces personnages d'Internet et les révéler autrement ou tout simplement leur donner un visage aurait été une voie possible, entre autres. Or, les photographies que nous voyons au mur nous renvoient des scènes gentillement pornographiques et des hommes masqués par divers procédés. La démarche aurait été fort intéressante si Delphine Kreuter ne se bornait pas à répéter une situation sans transformer son sujet. On a l'illusion de connaître ces gens, de connaître ces images, de les avoir vues mille fois, tellement notre société est imprégnée de pornographie. Elles sont ici esthétisées et c'est pour cette raison que l'on parle des images de Delphine Kreuter en termes de couleur. Mais à quoi bon vouloir montrer la vie quand elle apparaît plus forte là où ça se passe ?

Image : Delphine Kreuter, Le chien, 2005. Photographie couleur, 114 × 76 cm. Courtesy, galerie Frédéric Giroux. © Delphine Kreuter
Source : Paris Art

lundi 21 avril 2008

séminaire à l'école supérieure d'art de Lorient autour des écritures sur Internet les lundi 28 et mardi 29 avril

Ce séminaire réunit deux écoles supérieures d'art de Bretagne liées par des interrogations communes sur le médium Internet.

Nicolas Barrié, prof de vidéo à Lorient, s'intéresse au documentaire social et politique. Les outils numériques ont transformé les manières de produire et de diffuser les films. Dans la lignée du film engagé porté par des auteurs ou des mouvements comme Jean Rouch, Fred Wiseman, Chris Marker, Le groupe Medvekine, The free cinéma, René Vautier, News Reel, Robert Flaherty, Larry Clark, Chris Marker, Alexander Sokourov, Chantal Akerman, Jean Daniel Pollet, ou encore, Marina Abramovic, Philip Alays et Abderrahmane Sissako (entre autres !), Internet apparaît aujourd'hui comme une caisse de résonance de la société civile. Chacun s'empare d'une caméra, d'un appareil photo ou d'un téléphone pour capter des images et les diffuser sur Internet. En outre, le web et les services tels que Youtube ou Dailymotion sont devenus des espaces de diffusion très prisés des artistes pour montrer leurs productions.

Cette année à Quimper, Christine Lapostolle, prof de culture générale, Aurélie Pagès, prof d'édition/impression, et moi-même, prof d'arts numériques, avons exploré les limites et les hybridations possibles entre l’imprimé et le numérique, le livre et Internet. Nous sommes parties du constat que l’imprimé et le numérique ont tous deux ouvert des espaces de circulation de la pensée échappant aux circuits balisés de l’art. A partir de 1960, le livre d’artiste a délaissé la forme précieuse du beau livre et a remis en cause le caractère unique de l’objet d’art. De cette double rupture formelle et idéologique sont nées des éditions privilégiant la diffusion de masse. Aujourd'hui, Internet multiplie davantage encore les canaux de circulation de la pensée et permet des expérimentations éditoriales mouvantes et glissantes affirmant le mouvement engagé par l’imprimé.

Ce séminaire est l'occasion de partager nos travaux et d'inviter des chercheurs et des artistes sur ces mêmes questions.
André Gunthert, Nicolas Thély, Alain Giffard, Patrick Cahuzac et Emmanuel Adely viendront les lundi 28 et mardi 29 avril à l'école supérieure d'art de Lorient pour en débattre avec les étudiants.

Le lundi 28 avril :

Nicolas Thély
Critique d’art, Nicolas Thély est maître de conférences à l’UFR d’Arts Plastiques et de Sciences de l’Art de l’Université Paris 1. Il a écrit dans Le Monde, Les Inrockuptibles, Le Journal des Arts, Beaux-Arts Magazine, Contemporary Art et Aden. Ses thèmes de recherches portent sur l’esthétique, le numérique et l’art contemporain. Il a publié Vu à la webcam (essai sur la web-intimité) aux Presses du réel (2002), Corps, art vidéo et numérique aux éditions du Scéren-Cndp (2005) et Manuel d’esthétique (2005) avec Christophe Beauregard et Vladimir Mitz aux éditions Filigranes. Depuis 2006, Nicolas Thély a engagé une réflexion autour de la « basse définition » entendue comme régime de perception. Cela a donné lieu à une exposition (Basse def – Centre d’art Oui à Grenoble, 2007) et à la publication de deux essais : Basse def, partage de données, avec Stéphane Sauzedde (Les Presses du Réel, Dijon, 2007) et Mes favoris (éditions Mix, Paris, 2008).
http://nicolasthely.blogspot.com/

André Gunthert
André Gunthert est chercheur et maître de conférences à l’EHESS, où il a créé le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). Editeur multimédia, il a fondé la revue Etudes photographiques ainsi que plusieurs publications électroniques. Il est diplômé en lettres classiques et modernes, histoire et histoire de l’art des universités Marc-Bloch (Strasbourg II), la Sorbonne-Nouvelle (Paris III), Georg-August (Göttingen) et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), où il effectue son doctorat sous la direction de †Louis Marin puis de Hubert Damisch. De 1989 à 2001, il enseigne l’histoire de la photographie aux universités de Paris VIII, Paris III, à l’Ecole nationale de la photographie d’Arles et à l’université de Mannheim. Elu en 2001 à l’EHESS, il y créé le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). Associé au sauvetage et au redressement de la plus ancienne association de photographes, la Société française de photographie, il y occupe les fonctions de secrétaire général (1993-2005), en relance le Bulletin dès 1994 puis fonde en 1996 la revue Etudes photographiques. Auteur de nombreux articles et ouvrages consacrés à l’histoire des pratiques de l’image, il a notamment codirigé L’Art de la photographie aux éditions Citadelles-Mazenod (2007). Il ouvre en 2003 la liste de discussion spécialisée Photohist, puis en 2005 le premier blog scientifique consacré aux études visuelles, Actualités de la recherche en histoire visuelle. Il poursuit actuellement ses recherches sur les nouveaux usages de l’image numérique.
http://www.arhv.lhivic.org/
Images sans paroles: les nouvelles œuvres du web

Le mardi 29 avril :

Alain Giffard
Administrateur civil hors classe, Alain Giffard est chargé de mission au ministère de l’Education Nationale. Il est par ailleurs Président de l’association Alphabetville, membre du comité directeur d’Ars Industrialis et collaborateur du Centre international de Poésie de Marseille. Ses recherches portent particulièrement sur la lecture numérique, la bibliothèque virtuelle et plus généralement les pratiques culturelles dans l’environnement numérique. Il vient de remettre une étude au ministère de la Culture et de la Communication : « LIRE . Les pratiques culturelles du numérique ». Il a publié une vingtaine d’articles ou de contributions sur ces sujets, dont la plupart sont repris sur le blog : http://alaingiffard.blogs.com Auparavant, Alain Giffard a présidé la Mission interministérielle pour l’accès public à l’Internet (MAPI, 2001-2004). A ce titre il a mis en place les « espaces publics numériques ». Il a été conseiller technique (1997-2000) de la ministre de la Culture et de la Communication, pour les technologies et la société de l’information (programmes de numérisation culturelle, espaces culture multimédia, régulation de l’internet), et l’un des rédacteurs du Programme gouvernemental pour la société de l’information (PAGSI). Directeur adjoint de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (1994-1997), il y a préparé un important programme de délocalisation (Abbaye d’Ardennes à Caen), en même temps qu’il y organisait un séminaire du CNRS sur « hypertexte et littérature ». De 90 à 94, Alain Giffard a été directeur informatique, puis adjoint au Délégué scientifique de la Bibliothèque de France. Il y a conduit les opérations de conception informatique (21 prototypes, dont le poste de lecture assisté par ordinateur) et de numérisation (Gallica).
http://alaingiffard.blogs.com

Patrick Cahuzac - Inventaire/Invention
Fondée en 1999, sous l’impulsion du romancier Patrick Cahuzac, la revue littéraire Inventaire/Invention présente des textes de journalistes et écrivains soucieux de la réalité économique et sociale. En effet, c’est avec les grèves de 1995, puis les manifestations des sans-papiers, que l’équipe a ressenti l’urgence d’écrire autrement sur le réel. Le titre Inventaire/invention fait référence aux deux grandes parties du site : la première est consacrée aux textes centrés sur la société, la seconde sur la fiction. Depuis la création de ce magazine en ligne, de nombreux auteurs ont apporté leur collaboration. C’est assez naturellement que l’on trouve, parmi les auteurs séduits, Jean Rolin, Patrick Bouvet, Jean-Claude Pirotte, François Bon, Emmanuel Adely ou Philippe Adam.
Inventaire/Invention

Emmanuel Adely
Emmanuel Adely est un auteur remarqué pour ses romans (Les Cintres, Agar-Agar, Jeanne, Jeanne, Jeanne, Fanfare), tous publiés dans d'importantes maisons d'édition. Ces romans, de longs monologues au style vif mais classique, ont fait sa réputation... Mais avec Edition limitée et J'achète quelque chose de neuf fait irruption dans cette œuvre. L'oralité prend le pas sur la narration, le réel sur l'imaginaire. Cette rupture, prévisible peut-être à certains égards, est passionnante à plusieurs titres : passionnante en ce qu'elle révèle la vitalité même de l'auteur, toujours en quête de sa propre vérité, passionnante par l'invention formelle qui l'accompagne, passionnante aussi en ceci qu'elle montre à quel point un auteur est aujourd'hui prisonnier des politiques marketing des grands groupes d'édition et Emmanuel Adely semble montrer ici quelque chose comme le chemin à suivre.
Texte : http://www.inventaire-invention.com/librairie/adely.htm

Illustration : episodic.6 - "je ne suis pas un numéro", automne 2001. Editions PPT.

jeudi 17 avril 2008

tchatchhh

tchatchhh est mon nouveau blog. Il est vide et encore en chantier pour l'instant. C'est un blog à deux, une réflexion sur la pratique du blogging et mon travail personnel. J'invite quelqu'un à converser avec moi en utilisant l'espace du blog. A chaque publication d’un billet suit une réponse sur le modèle du Potlatch : le don d’une image appelle un contre-don. Une image contre une autre, un son contre un autre etc. Le ton est imposé par mon invité. La conversation s’alimente au fur et à mesure des billets. Je n'abandonne pas pour autant "arts et autres choses" même si je l'ai un peu délaissé ces derniers jours. Ce blog, qui m'a permis de réfléchir à tchatchhh, est une autre expérience, davantage orientée vers l'analyse des faits artistiques.