
Je ne suis finalement pas allée voir l'exposition de Société Réaliste samedi comme je l'avais prévu. Après quelques visites de blogs culinaires, j'ai changé d'avis. Je n'étais de toute façon pas très motivée après avoir assisté au séminaire qui présentait leur travail à l'EHESS il y a quelques jours. Je trouvais cette histoire de cahier de tendances appliqué à la politique obscure et intriguante. Plusieurs personnes, par voix directe ou en lisant des papiers, m'avaient convaincu de l'intérêt de leurs recherches. Or, le séminaire a plutôt contribué à renforcer le côté obscur et c'est tout. Société Réaliste critique sévèrement l'institution artistique tout en tombant dans le système même qu'ils dénoncent avec en plus une dose de suffisance étonnante pour de jeunes artistes. A la place, j'ai cuisiné japonais. Un de mes grands plaisirs à Quimper est d'aller manger chez Abalone Sushi aux halles. Là, j'ai découvert les algues
hijiki. Je voulais absolument retrouver cette saveur pour la partager avec Sacha à Paris. Outre les aspects diététique et nutritif de l'algue, les japonais se soignent en s'alimentant, l'hijiki offre un goût doux et subtil contrairement aux populaires
wakame. Avec l'aide des blogs
Au bout du monde et
Assiettes, j'ai élaboré un petit menu du soir :
- soupe miso aux wakamés et aux enokidakés
- salade d'hijiki
- salade de concombres aux algues
- saumon cru mariné au saké
Tout est servi en même temps sur la table, à la japonaise. Pendant le repas, Sacha me parle de
La Cellule dont il avait vu une exposition à la
galerie Fraich'attitude. Il avait aimé grignoter des gâteaux suspendus à des ballons. Lorsqu'un gâteau était mangé, le ballon s'envolait. Cette exposition, où l'on pouvait manger et déranger les œuvres, déclinait l'idée du buffet sous des formes ludiques et poétiques. L'expérience se situait entre la cuisine, le design et l'art. Ni complètement l'un, ni complètement l'autre, à la frontière de chaque discipline.
Illustration : vue du Mont Fuji lors de mon voyage au Japon.