Blog de Karine Lebrun

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mercredi 20 février 2008

arts de la table

Je me suis levée ce matin avec l'envie de parler des arts de la table au sens pluriel. Il y a des matins comme ça. Je suis allée fureter du côté du blog Assiettes et j'ai bien fait. Je partage plusieurs goûts avec son auteure comme les saveurs, le Japon et le design. Anne Xiradakis cuisine, fabrique des objets et organise de petits événements appelés Café éphémère. Elle présente en ce moment son travail au lieu d'art A suivre de Bordeaux. Un entretien audio disponible sur le site du lieu permet d'en savoir plus sur sa démarche. A déguster par la pensée pour commencer...

Illustration : image empruntée au site du lieu d'art A suivre.

jeudi 31 janvier 2008

L'heure des bilans

Les bilans sont l'occasion chaque semestre de voir les productions des étudiants et d'évaluer leurs travaux. Ces moments sont organisés comme des petits accrochages que chaque étudiant installe comme il l'entend. Lundi, les 1ères années ouvraient le bal. Je ne me suis pas vraiment encore habituée à cet exercice parfois assez physique. Tous les profs se déplacent en formation serrée, 10 minutes montre en mains et échangent avec l'étudiant. Difficile de regarder avec la même fraîcheur le 1er et le 30ème accrochage sachant qu'il reste ensuite une réunion. Les dérapages, les surprises et même toutes les micro-déviations sont appréciés. Benoît y est parvenu quand il nous a présenté son travail en volume à déguster. J'ai pris une photo un peu tard, la sculpture avait déjà été sérieusement entamée mais reste visible avant destruction sur son blog chipsaucaramel. Cet étudiant mène une réflexion autour d'œuvres comestibles assez surprenantes visuellement comme le tronçon de bras humain ou très subtiles comme les pâtisseries version salées. C'est l'occasion pour moi d'appuyer sa démarche et défendre l'idée que la cuisine est un médium à part entière. Archi multimédia !

dimanche 2 décembre 2007

Détournement

Je ne suis finalement pas allée voir l'exposition de Société Réaliste samedi comme je l'avais prévu. Après quelques visites de blogs culinaires, j'ai changé d'avis. Je n'étais de toute façon pas très motivée après avoir assisté au séminaire qui présentait leur travail à l'EHESS il y a quelques jours. Je trouvais cette histoire de cahier de tendances appliqué à la politique obscure et intriguante. Plusieurs personnes, par voix directe ou en lisant des papiers, m'avaient convaincu de l'intérêt de leurs recherches. Or, le séminaire a plutôt contribué à renforcer le côté obscur et c'est tout. Société Réaliste critique sévèrement l'institution artistique tout en tombant dans le système même qu'ils dénoncent avec en plus une dose de suffisance étonnante pour de jeunes artistes. A la place, j'ai cuisiné japonais. Un de mes grands plaisirs à Quimper est d'aller manger chez Abalone Sushi aux halles. Là, j'ai découvert les algues hijiki. Je voulais absolument retrouver cette saveur pour la partager avec Sacha à Paris. Outre les aspects diététique et nutritif de l'algue, les japonais se soignent en s'alimentant, l'hijiki offre un goût doux et subtil contrairement aux populaires wakame. Avec l'aide des blogs Au bout du monde et Assiettes, j'ai élaboré un petit menu du soir :
  • soupe miso aux wakamés et aux enokidakés
  • salade d'hijiki
  • salade de concombres aux algues
  • saumon cru mariné au saké
Tout est servi en même temps sur la table, à la japonaise. Pendant le repas, Sacha me parle de La Cellule dont il avait vu une exposition à la galerie Fraich'attitude. Il avait aimé grignoter des gâteaux suspendus à des ballons. Lorsqu'un gâteau était mangé, le ballon s'envolait. Cette exposition, où l'on pouvait manger et déranger les œuvres, déclinait l'idée du buffet sous des formes ludiques et poétiques. L'expérience se situait entre la cuisine, le design et l'art. Ni complètement l'un, ni complètement l'autre, à la frontière de chaque discipline.
Illustration : vue du Mont Fuji lors de mon voyage au Japon.

mercredi 21 novembre 2007

Aujourd'hui, c'est cochon

Ça sent le cochon à plein nez. Sacha a préparé un cuissot de cochon de lait qui a mijoté 3 heures au four. Pour obtenir une peau croustillante comme une chips, il faut prendre son temps et travailler à la maison. Musique et cuisine, voilà le programme. Moi, j'en profite. La cuisine c'est plus qu'une question de goût. Cuisiner c'est tout un art. Thierry Marx, le Jean-Paul Gaultier de la gastronomie, le chef aussi à l'aise avec un kébab que de l'azote liquide, affirme tout de même qu'être cuisiner nécessite 90% de base et 10% de création. La base est l'apprentissage du métier si difficile et si exigeant. Heureusement, nous sommes des amateurs et nous profitons à 100% des 10% restant. Comme toute création, il faut chercher, expérimenter et redécouvrir les potentialités infinies de l'œuf, de la pomme de terre, du riz, bref de tous ces aliments qui n'ont l'air de rien. J'ai la chance d'habiter un quartier avec des épiceries asiatiques. Ces lieux sont des cavernes d'ali baba grâce auxquelles je nourrie tous mes sens. Il y a par exemple l'odeur du durian qui contredit tout de suite ce que je viens de dire : comment un fruit dégageant une odeur si désagréable peut promettre un goût si doux ? Il paraît que ce fruit est délicieux et que c'est un produit de luxe en Asie. Il y aussi toutes les herbes fraîches, dont le basilic thaï, très anisé, le galanga proche du gingembre, le dessert 3 couleurs au lait de coco et toutes ces bouchées surprises que l'on fait cuir à la vapeur. Mélangez des racines de curcuma, du galanga, de la citronnelle, des feuilles de lime, de l'ail et des échalotes pour obtenir une pâte de curry khmère. Accommodez avec du riz blanc et dégustez. Vous trouverez sur le site http://leboutdumonde.canalblog.com/ beaucoup de recettes d'inspiration asiatique.
Illustration : image extraite du film Tampopo de Juzo Itami, 1986.