Blog de Karine Lebrun

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samedi 24 mai 2008

histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar d'Imamura Shohei - 1970


Je n'ai pas attendu ce lundi 26 mai 19h30 pour assister à la projection du film à Pompidou. Dans ce documentaire, Imamura superpose deux récits. Celui de la grande histoire nippone immédiatement après la bombe atomique sur Hiroshima et l'histoire intime d'une femme jalonnée par les conquêtes amoureuses. Les images d'archives contrastent avec le point de vue détaché de cette femme qui ne se soucie guère des luttes que mène son pays y compris les massacres commis pendant la guerre du Vietnam. Peu importe, elle veut vivre follement malgré la boucherie. D'ailleurs, ses parents sont bouchers et le film débute avec des images d'abattoirs où l'on tue les bêtes au couteau entrecoupées par des images de cadavres humains jonchant les routes et les rivières. Insouciante et déterminée, cette hôtesse du bar Onboro (tr. fr. : déglingué) lutte et matte la grande histoire.

Illustration : http://www.cine-metro-art.com/

mercredi 16 janvier 2008

4 americans composers par Peter Greenaway

Le DVD réunit 4 documentaires de Peter Greenaway consacrés à Philip Glass, John Cage, Robert Ashley et Meredith Monk réalisés en 1983 pour la télévision américaine. Chaque film dure près d'1 heure et nous transporte dans l'univers musical des compositeurs. Très inspiré par différents champs artistiques, Peter Greenaway affirme avec ces films son intérêt pour la musique. Pour John Cage, ses récits réunis dans son livre Silence - Conférences et écrits accompagnent la lecture de son œuvre. Le film est rythmé par sa voix, rapide, monocorde. Les images sont saccadées et fournissent à la pièce 27 sons fabriqués dans une cuisine un montage idéal. Le portrait de Philip Glass est bercé par le flux continuel de sa musique répétitive et minimale. On reprend son souffle à la fin lorsque la musique cesse. A l'image de sa pièce Perfect Lives Private Parts conçue pour la télévision, le portrait de Robert Ashley est très graphique. Jeu de cadres que Peter Greenaway emploie fréquemment dans ses longs métrages et qu'il fait raisonner dans ce film avec l'utilisation des moniteurs vidéos de Robert Ashley. Sur scène, le compositeur et les performers lisent leurs textes sur des écrans tandis que d'autres moniteurs structurent l'espace en diffusant des images en continue. Comme les autres, le portrait de Meredith Monk est ponctué d'entretiens et de moments musicaux, peut-être moins investi par Peter Greenaway. Le DVD est produit par les films du paradoxe avec la participation du CNC.

Illustration : jacket du DVD.

dimanche 6 janvier 2008

François Bon


En me rendant sur le tiers livre, blog de François Bon, j'ai découvert le site auteurs.tv et la vidéo empruntée plus haut. Dans cette interview filmée, François Bon nous livre son rapport protéiforme à l'écriture. Très ouvert aux expérimentations littéraires qu'il cultive notamment avec son blog et Internet, l'auteur appréhende le numérique comme d'autres manières d'explorer le texte. J'en profite pour signaler une rencontre intitulée Ecrire avec Internet : paradoxes, mutations, vertiges à l'initiative de remue.net le vendredi 18 janvier 2008 à 20h00, lieu encore secret. André Gunthert, auteur du blog Actualités de la recherche en histoire visuelle, sera également invité à débattre.

Vidéo Dailymotion envoyée par auteursTV.

lundi 12 novembre 2007

L'affaire des cartons piégés - 8 ans après.

Le film 1999™, Psychopathologie de la vie quotidienne dans le monde des arts a été présenté jeudi soir dernier par le collectif d'artistes Ultralab™ au Jeu de Paume. Une série d'entretiens avec des acteurs de l'art contemporain y relate "l'affaire des cartons piégés" qui a sévi en 1999. Pendant 1 an, de faux cartons d'invitation ont circulé et semé le trouble dans le petit monde de l'art. Les artistes et les lieux étaient bien réels mais les expositions étaient fictives. Une dizaine de cartons ont ainsi déplacé des personnes qui se sont retrouvées devant des portes closes, des salles vides ou occupées par d'autres expositions. Démentis, suspicions, rumeurs, bref, un joyeux bordel a agité un petit temps la machine artistique. Les envois étaient anonymes et le sont restés jusqu'au 8 novembre 2007, date du dénouement, même si les auteurs supposés n'ont pas fait de déclaration officielle. A la place, un film fait parler des critiques, des commissaires et des artistes sur le canular et ses méfaits ou ses bienfaits selon le point de vue. Un faux a perturbé le vrai et c'est ce qui me plaît dans cette histoire. Toute l'affaire ou presque ici.
Illustration : image d'un carton pour l'exposition Jeff Koons à la galerie Lelong.