Blog de Karine Lebrun

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vendredi 4 avril 2008

le guide Legrand des buffets de vernissages version 2008

De retour à Paris, j'ai découvert dans ma boîte aux lettres postale un exemplaire du guide Legrand des buffets de vernissages. La version 2008 est enfin imprimée mais je ne sais pas où l'on peut se la procurer. Auguste Legrand pourrait peut-être renseigner les lecteurs de ce blog ? Entre autres critères, le guide est très attentif à la qualité de la conversation pratiquée dans les lieux répertoriés. Une idée : un vernissage prolongé pendant toute la durée de l'exposition.

samedi 29 mars 2008

hoax

Je n'ai jamais répondu aux canulars que je reçois dans ma boîte mails. Pourtant, je me suis souvent demandée si ces avances étaient sérieuses. Y-a-t-il une suite après la première sollicitation ? Le père de mlle Ophélie Coulibaly a été empoisonné par ses associés. Unique héritière de sa fortune, elle possède 8.5 millions de dollars sur un compte bloqué. Elle cherche un associé étranger pour transférer cette somme. Poursuivez, elle vous donnera les contacts de Monsieur Pitton Patrick, le directeur de la banque. Confirmez, et vous n'aurez plus qu'à donner vos nom et prénom, votre adresse complète, votre lieu de travail et profession, votre domiciliation, votre clé rib, la copie de votre pièce d'identité etc. Vous pourrez comme cela conclure une affaire exceptionnelle !

dimanche 9 mars 2008

le tigre, curieux magazine curieux

J'ai en mains le n°8 vert perroquet. Ce n°8 consacre un dossier aux absurdités de la politique de santé publique. Autour, des rubriques avec le même regard de biais mais sans langue de bois. Ce magazine curieux, que j'aurais bien renommé furieux parce que le tigre rugit, traite de la "presse magazine de façon... curieuse, étonnante, rêveuse, rigoureuse, raisonneuse, ironique, sauvage, bête aussi parfois - hélas." La maquette est plein de malice et le magazine propose d'ailleurs un Almanach avec des trucs et astuces. Aucune pub, sauf de vraies fausses pubs. Le tout augmenté par un site web qui en rajoute une couche !

dimanche 24 février 2008

le guide Legrand des buffets de vernissages

Que reste-t-il d'une exposition après le vernissage ? Un désœuvrement ...
Un vernissage sans buffet digne de ce nom ? On n'y met plus les pieds !
Le guide Legrand des buffets de vernissages délivre des cacahuètes aux buffets qui méritent le déplacement. Une belle initiative pour tempérer l'ennui que m'inspire la plupart des expositions d'art contemporain.

Et ne manquez pas les Quelques suggestions d'associations entre buffets et expositions ! Lire les recommandations du guide.

mercredi 2 janvier 2008

mille ans de manga



Mille ans de manga de Brigitte Koyama-Richard aux éditions Flammarion remonte aux origines du genre, que l'on appelle "manga" en France mais qui se dit "comics" au Japon, et puise dans la culture japonaise depuis les rouleaux enluminés du XIIème s. jusqu'aux auteurs actuels tel que Takahata Isao (studios Ghibli). Ce dernier a notamment réalisé Pompoko en 1994 et reprend dans le dessin animé la tradition des yôkai (monstres) illustrée dans ce billet par trois dessins de Kawanabe Kyôsai datant de 1889. Le livre est passionnant.

Illustrations : Kawanabe Kyôsai, La Procession nocturne des cent démons, extrait du Pandemonium Kyôsai hyakki gadan, livre illustré signé Kawanabe Tôiku, 1889.

dimanche 9 décembre 2007

Le gourmet solitaire de Jiro Taniguchi

J'ai offert à Sacha Le gourmet solitaire parce que le personnage de ce manga lui ressemble un peu. C'est un homme qui allie ses promenades et ses réflexions aux plaisirs de la table. Chaque déambulation dans un quartier de Tokyo est le prétexte à la découverte d'un goût nouveau. Les chapitres sont comme des menus et annoncent le repas du gourmet solitaire, un homme qui "[...]apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires ... [...]." L'homme qui marche, un manga plus ancien du même auteur paru en 1995 pour la version française chez Casterman, déplaçait déjà le thème du manga et opposait à l'action intrépide du genre un récit lent et introspectif d'un homme savourant les plaisirs simples de la vie de tous les jours. Sacha a ensuite offert Le gourmet solitaire à Bertrand qui est venu cuisiner chez nous samedi soir. Ce chercheur orienté goût cultive la cuisine comme dans les histoires de Taniguchi. Ses plats sont à la fois épurés et inventifs : la purée est violette, l'agneau est cajolé dans une croûte au citron confit, le dessert est à la pomme de terre douce piquée de groseilles. Ce cadeau valait bien un livre.
Pour en savoir un peu plus sur le manga, Arte consacre un dossier très complet sur le sujet ici.

jeudi 29 novembre 2007

La nuit je suis Buffy Summers de Chloé Delaume

Le 13ème livre de Chloé Delaume vient de paraître aux éditions ère. C'est le premier que je lis. Certainement parce que formellement ce livre est aussi un jeu sur le modèle du livre dont on est le héros. Je me souviens avoir lu beaucoup de ces livres dans les années 80. Je ne suis pourtant pas une grande joueuse mais la combinaison livre-jeu offre un hybride délicieux. "Vous êtes parfaitement amnésique. Vous êtes une jeune femme et c'est tout." Pour une fois, le personnage principal est une femme, c'est à dire moi. J'évolue dans un monde glauque, un hôpital psychiatrique peuplé de vampires. J'apprends au cours de l'histoire que je suis la Tueuse, l'Elue, une sorte de réincarnation de Buffy, l'héroïne de la série TV Buffy contre les vampires, qui justement élimine les vampires. Je n'ai pas vu la série mais ça n'a pas d'importance. Le jeu est comme dans mon souvenir : je débute la partie avec 7 en habitation corporelle et 8 en santé mentale. Je livre des combats contre mes ennemis avec des jets de dés remplacés ici par le feuilletage des pages du livre. J'avance dans l'histoire en opérant des choix qui scellent mon destin. La narratrice reste le maître du jeu et au détour d'un paragraphe je meurs subitement. Trop vite à mon goût, la soirée débute. Je fais marche arrière, tricher fait partie de la base. Le livre met en scène des personnages de fictions que je ne connais pas. De temps à autre, des discours de Nicolas Sarkozy, des références à TF1, au monde télévisuel, me font penser que l'hôpital dans lequel j'évolue n'est pas anodin. En tout cas, je ressens une sorte de confusion, je m'accroche à mon personnage et aux histoires de vampires. Le "pacte de lecture" que l'auteure propose est d'accepter de lire par sauts de puces, certains diront : lecture non-linéaire. On ne suit pas le fil des pages, on fait des aller-retours entre le début et la fin de l'objet. Le jeu installe son suspens et je me sens légèrement fébrile à chaque choix effectué : est-ce le bon ? Je ne décide pas de l'issue, je suis prise dans le jeu incapable de m'extraire de ma mission. Le maître du jeu impose son autorité. La part interactive est faible voire inexistante. Le récit est déjà installé. Je ne fais que tourner en boucle dans l'histoire. Mes choix sont pré-programmés. Chloé Delaume parle pourtant d'interaction pour qualifier son livre : "Le but est de composer son propre parcours narratif, d'être concerné par la fiction en cours, d'être contraint à une forme d'action. Minimiser la passivité face à toute forme de divertissement, y compris littéraire, fait partie de la démarche du projet." Je suis effectivement concernée par mon personnage et ma quête mais la forme ludique dans laquelle je suis enrôlée m'empêche de résister au divertissement littéraire. Dans le jeu et l'action, je suis passive.

dimanche 25 novembre 2007

Lettres de non-motivation de Julien Prévieux

Julien Prévieux est artiste et cherche du travail. Las de se heurter aux réponses négatives des entreprises qu'il sollicite, Julien Prévieux décide d'écrire des lettres de non-motivation dans lesquelles il explique pourquoi il refuse les emplois proposés. Il invente un personnage pour chaque métier et signe de son vrai nom. Le style de la lettre dépend du caractère du personnage et de la nature de l'emploi. Le tout demeure parfaitement protocolaire et retrace le parcours habituel d'un demandeur d'emploi : la recherche, la demande, la réponse et le refus systématique de l'entreprise dans le cas de Julien Prévieux. Aussi drôles que puissent paraître ces lettres, la démarche met à jour la standardisation des réponses que les entreprises adressent aux candidats. A part quelques exceptions, toutes plaquent l’aimable formule : « […] nous avons le regret de vous informer que nous ne pouvons donner une suite favorable à celle-ci. Cette décision ne préjuge en rien de vos compétences et nous souhaitons que vos recherches aboutissent prochainement […] ». Absurde, lorsqu’on lit dans la lettre de non-motivation : « […] le poste est refusé ». Ces lettres sont aujourd'hui réunies dans un livre aux éditions Zones, qui ont eu l'intelligente idée de reproduire gratuitement l'intégral des Lettres de non-motivation sur leur site. Sur le principe du "lyber" initié par les éditions de L'éclat, Zones offre une version numérique et gratuite de la plupart de ses titres. Cette version écranique n'évince pas le livre, elle existe pour donner envie d'acheter le livre. Comme Inventaire/Invention, dont les textes ont d'abord été publiés sur Internet, ces éditeurs privilégient la circulation des œuvres et accueillent Internet comme un terrain d'expérimentation. La gratuité n'est pas une fin, elle permet de goûter aux œuvres, de tester et plus si affinités. La gratuité permet au contraire de faire vivre la chaîne du livre tout comme les labels qui diffusent au format mp3 des projets sonores à télécharger. Quant à Julien Prévieux, il continue de travailler à l'échec de son embauche.